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Interview du site Utopie :

Avant toute chose, nous tenons à remercier l'auteur pour sa disponibilité et d'avoir accepté de répondre à nos questions. Nous lui souhaitons une bonne continuation dans son parcours d'écrivain, en espérant que ses romans connaîtront un franc succès !

Sahagiel : l'un des points forts de votre récit est ce monde, complexe et farfelu. Pouvez-vous nous conter sa genèse ?

Alexis Flamand : certaines personnes pensent qu’en Fantasy, il faut d’abord inventer un univers, avec ses règles, ses coutumes, sa politique. Le problème, en procédant ainsi, est qu’on se retrouve vite avec une grosse encyclopédie qu’on s’efforce coûte que coûte d’insérer dans le flux de l’intrigue. C’est le syndrome jeu de rôles : comme on a passé du temps à développer un monde, on essaie de le rentabiliser et d’en fourguer le plus possible au lecteur… Cela produit des pages d’explications aussi détaillées qu’indigestes, qui n’ont comme autre résultat que celui de flatter l’ego créatif de leur auteur.
Je voulais éviter ce piège, j’ai donc choisi de procéder autrement. Avant de commencer à écrire, j’ai passé du temps sur l’intrigue, sur ses rebondissements et ses révélations. Proposer un cycle exige un gros travail de préparation car il faut savoir dès le début vers quoi on tend. Dans le cas contraire, on tombe vite dans le délayage.
L’histoire mise en place, j’ai alors débuté la rédaction en ajoutant au fur et à mesure les détails « exotiques ». Je me disais « Tiens, un champ de blé carnivore, ça peut être rien chouette », et hop, vendu. L’avantage de procéder ainsi est que les détails ne sont pas assénés gratuitement, ils s’insèrent mieux dans le flot de l’histoire.
Autre avantage, ajouter au fur et à mesure permet d’éviter le carcan qu’impose plus ou moins une mise en place encyclopédique. Une idée me plaît ? Je l’ajoute sans état d’âme, sans avoir à bousculer la structure de mon univers ou à en réécrire des passages entiers pour y introduire mon idée en force.
L’inconvénient du procédé est que, naviguant à vue, il faut sans cesse veiller à ce que chaque ajout entre en cohérence avec les détails précédents. Dans le cas contraire, on tombe dans l’effet clip, une série d’images qui se chevauchent et donnent au final une impression d’anarchie, d’hébétude. Cette quête de cohérence était mon principal souci pendant l’écriture : créer des liens entre des éléments épars et rendre le tout homogène.

À plusieurs reprises dans votre roman, vous étayez vos concepts grâce à la science, que ce soit pour le Noble Art ou la végétation. Ces approfondissements ont-ils nécessité des recherches ou documentations poussées ?

J’ai fait des études de biologie, ce qui m’aide à deux niveaux. D’abord, je peux m’appuyer sur mes souvenirs pour exposer des mécanismes réels, mais aussi pour extrapoler et en créer d’autres. Il est toujours plus aisé pour une personne ayant une formation scientifique de donner une apparence réaliste à des créatures totalement farfelues.
D’autre part, pour qu’un concept devienne crédible, il faut que le lecteur accepte de jouer le jeu. Lorsqu’une connivence de ce type s’établit, la vérité scientifique devient secondaire. Quand un magicien fait apparaître devant vous un bouquet de fleurs, que celles-ci soient vraies ou pas n’est pas l’important. Ce qui compte, c’est le sentiment de merveilleux qu’on ressent à l’apparition du bouquet. À ce moment, quel spectateur oserait dire : « Éh, attendez, vos fleurs sont fausses ! »

Dans cette optique, internet fut-il un outil efficace durant le processus d’écriture ? Que ce soit comme outil de recherche ou moyen de dialoguer avec vos lecteurs ?

Quel que soit le travail de recherche, Internet est de nos jours un outil indispensable. Je l’utilise lorsque j’ai une idée et que j’essaie de la crédibiliser, ou pour vérifier si mes souvenirs sont exacts. Un exemple : dans le tome 2, Ninfell utilise ses connaissances sur la physiologie pour assassiner un notable. Lorsque j’ai trouvé un moyen pour lui d’arriver à ses fins, j’ai parcouru de nombreux sites de médecine pour voir s’il était possible de procéder ainsi… sans que cela soit trop tiré par les cheveux.

Votre roman s’étoffe à plusieurs niveaux ; à la fois dans la narration où vous alternez intrigue passée et présente, mais aussi dans les genres, quand vous adoptez un discours tantôt burlesque, scientifique, policier, épique ou initiatique. Mélanger toutes ces tendances était-il difficile ? Avez-vous opté pour l’intertextualité par soucis d’originalité, pour déstabiliser le lecteur ?

Pour moi, un auteur est avant tout un schizophrène, qui tire de ses différentes personnalités ses différents personnages. De même, il emploie ses différentes humeurs pour créer différentes ambiances. Ce n’est donc pas difficile dans la mesure où l’inconscient se charge de la plus grande partie du travail. Le plus gênant, en l’occurrence, est la camisole qui limite vos mouvements.
Il est clair cependant que, dès le début, je voulais employer deux tons très différents pour les deux histoires parallèles, qui seraient le reflet des personnages concernés.
Ainsi, les passages avec Maek sont en général au premier degré, sans humour, avec un ton le plus souvent héroïque ou désespéré. La manière de raconter s’adapte au personnage qui n’est pas précisément un gai luron.
Les chapitres avec Jon, en revanche, sont menés de manière beaucoup plus légère, à l’image de ce détective flegmatique. Le second degré était d’ailleurs d’autant plus adapté que la présence de Retzel ne permettait pas vraiment de liberté à ce niveau…
Souffler ainsi le froid et le chaud, c’est mettre en place un rapport ludique avec le lecteur. C’est jouer aussi avec les standards de la Fantasy.

Votre roman se place souvent sous un jour léger, atténuant la violence pourtant récurrente. Certains aspects de votre monde font ainsi froid dans le dos ; l’humour vous permit-il de mieux faire passer les messages ?

L’humour a ceci de merveilleux qu’il permet à la fois d’amortir la violence des rapports entre les humains, ou celle de certaines scènes, mais il a aussi pour effet de les souligner, de les mettre en avant sous des dehors anodins. L’humour avance masqué, il permet de dissimuler plus facilement ses intentions jusqu’au moment où elles sont révélées.
Voyez un film comme Brazil : l’humour y est omniprésent. Pourtant, on a rarement vu un film aux thèmes plus noirs !
Un monstre avec des dents pointues, ça fait peur. Un clown avec des dents pointues, ça met mal à l’aise. Le sentiment est moins intense mais il pénètre en nous plus en profondeur.

Par ailleurs, le genre burlesque reste assez peu utilisé en Fantasy, était-ce un challenge pour vous, ou une voie toute tracée ? Quelles en sont les difficultés, selon vous ?

Un fait difficile à nier est que l’humour est assez peu présent en Fantasy. Beaucoup de personnages de romans sont d’autant moins drôles que leur épée est longue. Cela est dû d’une part à leur côté archétypal, qui n’est pas le meilleur tremplin pour créer une personnalité nuancée, et au côté martial associé le plus souvent au genre. Quand on est en quête d’une épée magique, on n’est pas là pour rigoler. On tue des monstres, on est couvert de sang, on peut éventuellement se servir de son cerveau pour comploter plutôt que de son glaive pour trancher une discussion, mais on ne rit pas. L’humour, c’est bon pour les tapettes qui n’ont que ça pour faire oublier leur absence de muscles.
Les mages ne sont guère plus riants. Quand on a passé une partie de sa vie le nez dans ses bouquins, on en ressort trop vieux pour penser à autre chose qu’à des théories asséchantes ou à son arthrite.
Pratchett a apporté un vent de changement et envoyant valdinguer tous ces thèmes très sérieux, en allant presque à l’extrême de ce qui se faisait alors.
L’humour du livre se place un peu à mi-chemin entre ces deux tendances. Ce n’était pas un challenge car je passe mon temps à faire l’andouille dès que j’en ai l’occasion, et souvent lorsque je ne l’ai pas. Le plus difficile est de savoir jusqu’où aller trop loin, pour que le burlesque ne verse pas dans le ridicule. Retzel, de ce point de vue, fait souvent pencher la balance du côté obscur…
D’un autre côté, le burlesque n’est pas le seul type d’humour dans le livre. Les passages qui en contiennent passent donc peut-être plus facilement. Prenez les films des Marx : même si Harpo passe son temps à faire le zouave, Groucho rétablit l’équilibre avec un humour pince-sans-rire très fin, à l’opposé de celui de son frère. C’est la réunion de ces différents types d’humour qui fait la réussite de leurs films.
Si le livre était burlesque de bout en bout, il en deviendrait vite lassant, je crois. Mais il y a des passages résolument pas drôles du tout, d’autres plutôt sinistres, de même qu’on trouve pas mal d’humour noir et du non-sense cher aux Monty Pythons, dont je suis un grand fan.

Vous distillez dans Le T’Sank plusieurs références, hommages ou clins d’œil à de grands auteurs, comme Jack Vance, Fritz Leiber ou H.P Lovecraft. Ces pointures de la SFFF (science-fiction, fantasy, fantastique) ont-elles influencé votre style, la conception de votre univers ?

Vous pouvez le dire ! Vance est l’un des grands conteurs contemporains. Il met dans ses récits un sens de l’épopée, du merveilleux, de l’onirique qui me nourrit toujours autant lorsque je le lis. Il y a beaucoup d’humour chez Vance, un humour léger, teinté de dérision.
Avec Leiber, on tombe dans la description des travers humains. Les héros de Leiber sont humains avant tout. Ils ne sont jamais glorieux, jamais méprisables. Ils vivent des aventures extraordinaires en demeurant ordinaires, faillibles. Ils sont d’autant plus attachants qu’on les sait vulnérables. C’est aussi le cas chez Vance, la touche de merveilleux en plus.
Quant à Lovecraft, il est le seul écrivain contemporain à avoir monté de toutes pièces une mythologie, rien que ça. C’est le grand créateur cosmologique de notre siècle. Même Tolkien plongeait ses récits dans le folklore anglo-saxon. Lovecraft, lui, a créé à partir de rien. Et quelle création ! Même s’il n’en a jeté que les bases, enrichies considérablement par ses amis et successeurs, il a créé une cosmologie riche, troublante, ouverte et d’une incroyable originalité.
Écrire le T’Sank, c’est aussi rendre hommage à ces auteurs – ajoutons-leur Zelazny ! – qui m’ont tant apporté et tant fait rêver. Sans eux, pas d’Alamänder.

J’ai appris que votre roman sera bientôt adapté en jeu de rôle. Comment ce projet est-il né ?

J’ai écrit quelques articles pour un magazine papier de jeu de rôle, JDR Mag. Le rédacteur en chef a éprouvé de la curiosité pour le livre. Il l’a lu, a aimé, et s’est dit intéressé pour adapter l’univers en jeu de rôle. Je dois aussi une fière chandelle à Alexandre Dainche, directeur artistique chez JDR Mag, qui a soutenu l’idée dès le début et m’a représenté auprès de la rédaction. C’est aussi Alexandre qui a illustré la couverture du T‘Sank.

À ce propos, que ressentez-vous à l’idée que votre cycle soit transposé sur d’autres supports ?

Très heureux, bien sûr, et très honoré de la confiance qu’on me fait. Lorsque j’ai commencé à écrire le premier tome, j’avais dans l’idée à long terme d’en faire un univers pour jeu de rôle. Étant moi-même un vieux rôliste, il était difficile de ne pas avoir un tel projet en tête. Mais je ne m’attendais pas à ce que cela soit mis en place si rapidement !
La mise à plat de l’univers va représenter un travail important. Même si la plupart des éléments du monde existent déjà, il va falloir les rassembler, les organiser, et développer des facettes qui ne sont qu’évoquées dans les romans. Un gros boulot, mais quel régal de pouvoir mettre à disposition de tous le fruit de son cerveau dérangé !

Vous envisagez plusieurs suites pour le cycle d’Alamandër, avec un second tome à paraître au premier trimestre 2009. Pouvez-vous nous en toucher quelques mots ?

Le manuscrit d’origine était constitué du tome 1 et du tome 2 réunis. Cela faisait donc un pavé assez gros, que l’éditeur m’a proposé de scinder en deux parties. C’était le seul moyen, disait-il, de rendre justice au manuscrit sans avoir à le mutiler. C’était surtout une très bonne idée ! Cela a demandé un gros travail d’adaptation, mais cette scission permet, je pense, de le rendre plus digeste et de dynamiser l’ensemble.
Le manuscrit d’origine commençait de manière « tranquille », avec l’exposition des personnages et des situations, puis l’action s’accélérait dans la seconde partie. Cette seconde partie sera donc le second tome, beaucoup plus orienté action. Jonas n’aura pas seulement à combattre l’assassin de Pallas, mais aussi d’autres menaces, aussi bien voilées que déclarées. Ernst aura de son côté fort à faire pour conserver son trône…

Vous êtes auteur, certes, mais aussi maquettiste et directeur artistique pour les éditions l’Olibrius Céleste. Par ailleurs, on peut trouver sur votre site plusieurs illustrations en images de synthèse. Travailler sur ces supports est-il un épanouissement, un moyen d’approfondir encore votre univers ?

Rien ne me rend plus heureux que de créer, quels que soient les supports et… la qualité de ce que je crée. C’est plus qu’un épanouissement, c’est tout simplement ce qui fait que je prends plaisir à vivre. Les éditions de l’OC m’ont fait confiance et m’ont donné l’occasion de pouvoir me faire plaisir dans le domaine du graphisme dit « 2D », ce dont je les remercie !
Quant à la 3D, c’est un amour de jeunesse qui s’exprime notamment par le maintien d’un forum spécialisé, 3DSaloon.fr. La 3D permet de concevoir des objets, des créatures, des univers qui ont plus que tout autre l’apparence de la réalité. Que peut-il y avoir de mieux pour un amateur de Fantasy ?

Pour introduire les questions plus générales, on voit souvent la SFFF malmenée par le milieu littéraire. En tant qu’écrivain dans le genre, quel regard portez-vous sur la SFFF actuelle, plus particulièrement en France ?

Assez sombre, hélas. Et encore, je trouve que la SF jouit d’une reconnaissance bien plus importante que n’en jouit la Fantasy. Celle-ci n’est pas encore parvenue à forcer le respect comme a réussi à le faire sa grande soeur. Les responsables sont d’abord les auteurs, qui par paresse ou facilité ont repris jusqu’à la nausée des thèmes vus et revus. Je le dis souvent, parler de dragons, d’elfes ou d’orphelins-dépositaires-du-pouvoir-des-anciens, ce serait comme réécrire des récits de planètes des sables et de vers géants pour un auteur de SF. Il y a heureusement des exceptions, mais de manière générale, pourquoi refaire ce qui a déjà été fait ?
La faute aussi bien sûr à certains éditeurs, qui rechignent à prendre des risques éditoriaux. À croire qu’ils ne voient dans la Fantasy qu’un fond de commerce de plus, et dans leurs lecteurs une niche marketing à occuper.
Résultat : alors que la Fantasy devrait être le tremplin à tous les imaginaires, à toutes les fantaisies, elle est devenue paradoxalement un produit formaté à destination d’un public adolescent qu’on méprise en le prenant en otage.
D’autre part, si la SF tend à être reconnue, c’est aussi parce qu’elle s’est remise en question, notamment grâce à l’école américaine qui a prouvé qu’on pouvait écrire de la SF décomplexée de qualité. Damon Knight, par exemple, dans les années 50, a affirmé qu’il fallait juger de la qualité de la SF de la même manière qu’on pouvait juger un texte de littérature générale. La Fantasy, de ce point de vue, n’est pas encore assez prise au sérieux, que ce soit par ceux qui la produisent ou par ceux qui en font la promotion.
Un auteur comme Pierre Bordage constitue une brillante exception. Il met sa plume au service de son récit, non son récit au service de sa plume. Il est un conteur avant tout. Son seul souci est de mettre en place une bonne histoire quel que soit le genre dans lequel il crée. Lorsqu’il produit de la Fantasy, il ne met pas moins de rigueur dans son travail d’écriture sous-prétexte que c’est une littérature de genre ou peu respectée. C’est en respectant ce qu’on écrit, et le genre pour lequel on écrit, qu’on donne ses lettres de noblesse à un genre et qu’on gagne le respect des autres. Beaucoup d’éditeurs actuels ont plus de respect pour l’argent que leur rapportent leurs publications que pour ce qu’ils publient. Difficile dans ces conditions de faire évoluer un genre.
Dernier point, nous sommes dans un pays à la longue tradition cérébrale. Pour être pris au sérieux, il faut être sérieux. L’esprit des lumières est un esprit de connaissance, c’est aussi un esprit de rationalité qui écarte avec mépris ce qui ressort du domaine de l’imaginaire. Nos collègues des pays nordiques, de même que ceux des pays anglo-saxons, n’ont pas sur eux le poids de notre histoire et son exigence de cartésianisme. Ils s’en trouvent d’autant plus libres de créer, et d’être reconnus pour leur créativité.

Comment organisez-vous vos séances d’écriture (rituels, ambiances ou lieux particuliers…) ?

Rien de tout cela ! J’écris quand je le peux et quand j’en ai l’envie et/ou le courage. Cela peut-être n’importe où, pour peu que je puisse avoir accès à un ordinateur et bénéficier d’un peu de silence.

Par ailleurs, quels sont vos projets concernant l’écriture, une fois fini le cycle d’Alamänder ? D’autres genres vous attirent-ils ?

En fait, je suis plus un lecteur de SF que je ne le suis de Fantasy. J’ai un autre projet en tête, à mi-chemin entre ces deux genres, tant il est vrai que la frontière qui les sépare est souvent mince. Je pense cependant qu’Alamänder va m’occuper encore quelques années – même si la présence de Retzel est très motivante pour mettre un terme rapide au cycle. Sans compter l’univers du jeu de rôle à développer !

Enfin, quels conseils donneriez-vous à un auteur souhaitant suivre votre voie ?

Travailler au maximum son intrigue de manière à savoir vers quoi on tend lorsqu’on commence à écrire. Remplir des pages sans avoir auparavant planifié une histoire, c’est un exutoire non négligeable, mais cela mène souvent à une impasse ou à une écriture erratique parce qu’elle ne sait vers quelles situations, quels rebondissements se diriger.
Si les peintres font souvent des études sur leur œuvre avant de se lancer, ce n’est pas un hasard !

Ensuite, croire à ce qu’on fait et le respecter. Le respecter, c’est d’abord avoir une exigence de qualité sur son manuscrit avant de le proposer à un éditeur. C’est aussi savoir refuser de travailler avec lui si sa proposition est trop éloignée de ce qu’on lui offre. On écrit pour être lu, pas pour être publié. La différence entre ces deux termes tient en deux mots : la compromission. Un auteur capable de renoncer à son projet uniquement pour éprouver la vanité d’avoir été publié n’est pas un auteur, c’est un commerçant. C’est renoncer au respect qu’on a pour ce qu’on écrit et pour le genre pour lequel on écrit.

Un mot à ajouter, pour clore cette interview ?

Un grand merci à Utopie, qui m’a permis de faire ce que j’aime le plus : m’écouter parler. Je souhaite tout le succès possible à votre site !

Propos recueillis par Sahagiel
( Critique du T'Sank par Sahagiel sur le site d'Utopie )