Tome 1 : Le T'Sank

Rien qu’en voyant la couverture (réalisée par Alexandre Dainche) du premier tome du Cycle d’Alamänder, intitulé Le T’Sank, vous êtes prévenus : ça va décoiffer et il faudra avoir l’esprit bien ouvert pour accepter ce que nos yeux vont lire. Car voir un Roi jouer aux cartes avec un monstre pourvu de multiples yeux, plusieurs bras et deux ou trois bouches, au fond d’une grotte, cela n’a rien d’habituel, même dans le monde de la Fantasy.
Le T’Sank est à l’image de cette couverture : ce roman est plein de surprises. Ainsi vous ne retrouverez pas de dragon, de troll ou autre gobelin dans le monde d’Alamänder, mais des moufres, des skorjs et autres xéols. Pour vous familiariser avec ce monde (ce qui se fait très vite), vous allez suivre deux histoires en parallèle.
L’une nous décrit la jeunesse de Maek, jeune garçon adopté par une famille de paysan qui doit survivre au milieu de champs de blés carnivores, qui est rejeté par le village mais dont le destin marquera à tout jamais le monde d’Alamänder. Je ne vous en dirais pas plus, ce serait gâcher votre plaisir.
L’autre partie de l’histoire, qui est la trame principale de ce premier tome, nous fait suivre Jon Alamänder, un mage questeur (c’est un détective spécialisé dans les enquêtes où la magie est en jeu) de Mehnzota, dont le territoire sur lequel a été construit sa maison vient de passer sous de contrôle du Roi de Kung-Bohr. C’est dire si ses ennuis ne font que commencer.
Car le sort réservé à toute construction se trouvant sur un territoire annexé par le Roi Ernst XXX est la destruction, à moins que celle-ci n’ait plus de deux cents ans. Ce qui est le cas de la maison de Jon. Il bénéficie d’un délai supplémentaire avant de voir sa maison réduite en poussière par des skorjs de combats. A moins qu’il n’arrive à rejoindre la capitale de Kung-Bohr pour plaider sa cause auprès d’Ernst XXX pour sauver son habitation, à laquelle il tient particulièrement, l’ayant héritée de son maître.
Les deux soldats, qui viennent de lui apprendre la triste nouvelle, s’en retournant à la capitale et ne voyant pas d’objection à l’emmener avec eux, tous les espoirs sont encore permis pour le magicien. Comme un voyage tranquille et sans encombre n’est jamais passionnant, vous vous doutez bien qu’il va arriver mille et unes péripéties au pauvre Jon et aux deux soldats, la plupart ayant pour origine les facéties de Retzel, le démon-familier du mage qui a un comportement plus qu’insupportable.
Comme vous pouvez vous en doutez l’annexion du terrain ne s’est pas faite par hasard, Ernst étant bien trop malin pour remettre son futur entre les mains du destin ou de la chance. Mais je vous laisse découvrir les raisons et l’utilité d’un mage dans le royaume de Kung-Bohr qui rejette la magie.
Avec le Cycle d’Alamänder, vous allez penser au Disque Monde, pour le côté humour décalée, à Lovecraft, pour les monstres et les démons, à Zelazny pour les intrigues politiques et les manipulations. Ces références sont parfaitement assumées par l’auteur, qui en joue énormément (notamment dans les noms des personnages) et tant mieux.
Au-delà de ces clins d’yeux, vous vous retrouvez à lire un roman véritablement passionnant et dépaysant. Car Alamänder est un monde comme nul autre. Où l’on trouve tout et n’importe quoi, aussi bien dans la faune que dans la flore. L’important étant de pouvoir survivre à cette rencontre. Car si les situations causasses sont nombreuses, la mort rôde également en permanence. Et il faudra bien se garder de perdre sa concentration, car chaque action à son importance et surtout des conséquences à plus long terme que l’on ne le croit.
J’ai débuté Le T’Sank tranquillement, en me disant que comme beaucoup de premiers romans, ce ne serait pas extraordinaire. Rapidement, je me suis fait prendre par une intrigue palpitante. Si vous aimez la Fantasy et que vous en avez assez de lire toujours la même histoire de prince héritier caché, d’arme magique donnant un pouvoir sans nul autre pareil à son possesseur, alors Le cycle d’Alamänder est fait pour vous. Vous y trouverez tout ce que vous aimez dans la Fantasy, avec de la magie et des combats ; vous y trouverez en plus une intelligence dans l’écriture avec une idée vraiment originale dans le scénario.
Le roman se termine avec une postface inattendue. Délicieuse à lire, elle clôt ce premier volume de bien belle manière.
Le deuxième tome intitulé ‘Le Mehnzotain’ est prévu pour le premier trimestre 2009. Lorsque vous aurez achevé votre lecture, vous n’aurez qu’un envie, voir défiler les jours le plus rapidement possible pour pouvoir connaître la suite des (més)aventures des acteurs de cette histoire.
Donnez une chance à ce premier roman, qui sans être parfait, a un réel potentiel et se distingue des autres productions de Fantasy actuelle, vous ne le regretterez pas.

Radio L'Autre Monde, 90.9 FM

Agenda

Prochaines dates :

Salon du Livre de Paris les 16 et 17 mars 2019

- Trolls et Légendes à Mons (Belgique) les 19, 20 et 21 avril 2019

- Imaginales à Épinal les 25 et 26 mai

A propos du Cycle

Les tomes du Cycle sont :

1. La Porte des Abysses

2. La Citadelle de Nacre

3. La Nef Céleste

10 bonnes raisons de lire Alamänder

- C'est encore mieux que Fantomette contre Sauron
- Vous voulez plagier un bouquin de Fantasy, pourquoi pas celui-là ?
- Vous aimez le blé carnivore
- Vous aimez les pieuvres en général
- Vous n'avez rien d'autre à faire pour le moment
- Vous êtes un adulte responsable, vous n'avez pas à vous justifier
- Vous voulez une excuse pour glander au boulot ( d'habitude vous lisez l'annuaire )
- Tellement de personnes disent du mal d'Alamänder que ça mérite le détour
- Vous êtes la cible d'un odieu chantage dont je suis l'instigateur pour vous obliger à le lire
- Vous ne le savez pas encore, mais vous allez mourir dans peu de temps. Pourquoi ne pas prendre les dernières minutes qui vous restent pour commencer un chouette bouquin ?

10 bonnes raisons de ne PAS le lire

- Vous êtes un canard, vous ne savez donc pas lire
- Vous êtes mort
- Votre belle-mère s'appelle Gisèle Alamänder
- Vous ne savez pas que ce roman existe et vous n'avez même pas internet, de toute façon
- Ça manque de sexe, de sang et de harengs
- Il n'y a pas de nain, de troll, de dragon, d'orque, de mort-vivant, d'elfe, d'elfe noir, d'elfe des forêts ni d'elfe des plages
- Je préfère SAS
(Oui, je sais, ça ne fait que 7 raisons. Vous ne pensez tout de même pas que je vais continuer à enfoncer mon bouquin, non ?)